mardi 24 février 2026

LE CHANT DU MONDE

L’homme moderne est un colosse cérébral. Il marche sur le monde avec une bibliothèque sous le bras, le regard plissé, tendu vers la certitude. Il cartographie les continents, modélise le climat, explore jusqu’aux cellules de son propre corps. Ses sens, aiguisés par des millénaires de survie, sont devenus d’une redoutable efficacité : il regarde pour surveiller, écoute pour décoder, touche pour posséder.

Mais à force de scruter l’utile, il a cessé d’entendre...

mercredi 17 septembre 2025

REFLEXION SUR UN ART POETIQUE DANSÉ, UN DIALOGUE A TROIS


Glisse, tourne, accélère, puis ralentit, dépose toi au sol, dans un ici où l'inspire est soutenue par des appuis-terre. Ecoute...cette suspension prend le temps de te nourrir du déplacement précédent...Saute, enroule, spirale, puis effleure les contours-horizons comme s'ils étaient aussi fragiles qu'une paupière entrouverte. Ressens...cette traversée sensitive, connecte l'espace dessiné qui se déverse autour...Accroche, allège, tressaille, puis perçois le sentiment frissonnant remonter le long de ta colonne-ciel. Regarde...cette danse-passage de l'éphémère éclairant venu d'ailleurs se laisse apprivoiser à travers un spontané intuitif... 

mercredi 19 mars 2025

Ce que nous avons perdu - Interlude printanier -

Devant un monde qui se délie de toute part, la conscience se laisse absorber par la banalité des évènements. Voir sans regarder, entendre sans écouter, goûter sans apprécier la diversité. Pouvons nous imaginer que la poésie soit le rempart à l’ignorance d’une civilisation urbanisant une cité sans sensibilité, creusant des frontières sans discernement. Que peut la poésie face au réchauffement, aux guerres, à l’extinction des espèces. Que peut la poésie face à l'ignorance, la violence, le mépris... 

dimanche 12 janvier 2025

SUR LE TEMPS QUI PASSE - INTERSTICE - PARTIE 1°

  


 
Il est un temps où les vœux deviennent un tantinet gênant. Redondant d'une habitude maniérée c'est à se demander si cette attention prenant la forme d'invectives à devenir une meilleur version de soi-même, ne s'essouffle pas d'elle-même. L
e mois de janvier apparaît comme la répétition d'une routine révérencielle dont le sentiment intérieur général laisse transparaître une perte de saveur, celle de l'écho à nos manquements chroniques qui suivent. Alors plongeons dans l'immensité de cette perte de sens pour nous laisser traverser par une réflexion sur le temps qui passe…

dimanche 8 décembre 2024

QUAND L'ECOUTE DEVIENT UN ART QUI NOURRIT


Il est un hiver qui revient sans cesse nous souffler à l'oreille, la mélodie de l'accalmie d'un temps qui passe. Le ralentissement de l'intensité solaire qui se fait l'écho du froid et du sombre nous invite à trouver, en dépit des turbulences du Monde, la ponctuation du calme et du silence. Déposer ses jambes racines sur la Terre dans une forme d'enlisement de la course effrénée du quotidien, prendre le temps de l'écoute sonore d'un vivant ténu, tendre et s'étendre le long de cette rythmicité cristallisante pour trouver la porte de la régénération de l'énergie du Rein. 

Telle une Maestra à la baguette, notre appendice auditif capte le flux discret et pénétrant de la discrétion hivernale. Il est un temps où la volonté s'apaise, les pensées s'amenuisent pour laisser place à l'harmonisation des eaux souterraines.      

L'invitation du froid-sombre infuse une nouvelle cadence, une nouvelle danse à nos cellules. Chacune d'entre-elle accueille les pas déposés du rythme assagi de l'hiver messager. Pétillant un ici ou un là-bas c'est une ligne courbe intérieure qui adoucit, un appui glissé qui rassure en profondeur. Ce dialogue des silences n'aura de cesse de renouveler dans son espace intimiste le rajeunissement de sa source originelle. 

Dans cette extension intérieure de notre Être, les inquiétudes se délient, diluent, s'entrechoquent, avant de disparaître non sans un soupçon d'orgueil. C'est alors qu'une volute de confiance se surprend à écouter un décroché suspendu...L'agitation passée asséchante se trouve esseulée. Elle comprend alors le laisser-faire, porter, écouter de l'ouverture réhydratante discrète...en attendant l'éveil du prochain printemps végétal. 

.ff...

lundi 8 janvier 2024

L'EVEIL DE L'AN

       


        Allongée discrètement sous une feuille pourpre, loin du tumulte bruyant, elle prolongeait sa nuit s
ans tenir compte de l'aurore naissante. la lueur des faisceaux lumineux venait caresser ses formes arrondies. Sa délicate respiration à peine perceptible par le vivant l'entourant, se révéla pour l'inviter à ouvrir ses yeux. Elle mobilisa discrètement son corps dans un mouvement ondulatoire instinctif. Se secoua pour irriguer ses cellules. Prit le temps de s'étirer à sa juste mesure...