L’homme moderne est un colosse
cérébral. Il marche sur le monde avec une bibliothèque sous le bras, le regard
plissé, tendu vers la certitude. Il cartographie les continents, modélise le
climat, explore jusqu’aux cellules de son propre corps. Ses sens, aiguisés par
des millénaires de survie, sont devenus d’une redoutable efficacité : il
regarde pour surveiller, écoute pour décoder, touche pour posséder.
Mais à force de scruter l’utile, il a cessé d’entendre...
